Valentine Bärg, une dualité au service d’influences multiculturelles

« Contenir et laisser s’épanouir pour que s’ancre l’ouverture au monde »,tels pourraient être les maîtres-mots contrastés de cette toulousaine d’origine, trilingue et mère de deux enfants qui a habité pas moins de vingt-cinq endroits différents dans sa vie.

Chez elle, l’adaptation, le mouvement et la diversité des cultures sont intrinsèquement liés à la sève fondatrice qui la nourrit depuis toute petite. Curieuse et avide d’expression artistique, elle s’est construite entre rigueur et métissage culturel. Son père travaillant dans la finance, elle se retrouve vite expatriée à Singapour où elle grandit jusqu’à l’adolescence avec ses deux sœurs.

Fascinée par la beauté et l’esthétisme des maisons coloniales black and white, elle assemble peu à peu les pièces de son patchwork, qu’elle enrichit également de ses racines latines du côté de ses grands-parents maternels. Mariée depuis à un suédois, elle s’imprègne des histoires que raconte chaque culture sur son art de vivre et d’être au monde.

Elle aurait pu être artiste, photographe ou écrivain, qu’importe ! Il fallait que son identité colorée et sensible s’exprime, mais toujours dans un cadre où règnent rigueur et structure. C’est au travers du dessin que son crayon a tracé son chemin pour la mener à dix-sept ans à Paris où elle obtient quatre ans plus tard son diplôme d’architecte d’intérieur, à l’ESAG Penninghen. Un sésame qui lui permet d’accéder tout de suite à un chantier d’architecte majeur,L’immeuble qui pousseà Montpellier, aux côtés d’Edouard François, avant-gardiste de l’architecture durable. Un projet de construction entièrement végétalisé, qui acquiert vite une belle notoriété tant il est précurseur d’un nouvel habitat.

Ses ambitions d’indépendance la rattrapent vite et Valentine Bärg s’envole seule. Un succès fulgurant ; son éclectisme et sa sensibilité font mouche auprès d’un homme d’affaires américain pour qui elle rénove un appartement à Paris. S’en suivent une couverture dans le Elle Décorationet un tourbillon de projets qui trouvera son accalmie salvatrice lorsqu’elle rencontre son mari à vingt-six ans.

Ils s’installent à Genève où Valentine construira par la suite leur maison, après avoir pris le temps de peaufiner son réseau, tant professionnel que clientèle. Elle rejoint Samuel Créations pour quelques années puis s’associe pour six ans avec Sophie Marée, architecte EPFL, pour consolider ses fondations d’architecte.

Mais on ne garde pas en cage un oiseau migrateur, l’appel de la liberté est le plus fort. Sa dualité gagne encore, elle garde son réseau de partenaires, fortement établi, mais s’émancipe de sa partenaire pour fonder Valentine Bärg architectures en 2016.

Le début d’une nouvelle page de son histoire, et qui sait, peut-être, de la vôtre…